L’Environnement urbain… pavé de bonnes intentions
La Commission européenne a présenté le 13 janvier 2006 sa Stratégie thématique pour l'environnement urbain COM(2005)718 : l’une des sept Stratégies prévues par le 6ème programme d’action pour l’environnement.
Tout en rappelant l’ampleur de l’enjeu – 4 européens sur 5 vivent en milieu urbain – la CE a préféré emprunter la voie la moins contraignante : l’échange d’expériences et de bonnes pratiques. A la satisfaction des autorités locales qui évitent ainsi de nouvelles obligations, l’approche législative envisagée dans le projet initial a été abandonnée.
Celle-ci concernait principalement l’obligation pour les villes de plus de 100 000 habitants d’élaborer un plan de gestion environnemental et un plan de transport urbain durable, des dispositions sur les performances environnementales des bâtiments et sur l’étiquetage environnemental des produits de construction. La CE fait confiance à la réglementation existante sur la pollution de l’air, le bruit ou la gestion des déchets et des eaux usées pour garantir un cadre juridique suffisant.
La Stratégie préfère s’en remettre à la bonne volonté des collectivités locales pour développer une « gestion intégrée de l’environnement urbain ». La CE les aidera à « comprendre de quoi il s’agit » en publiant durant l’année 2006 des orientations techniques et en renforçant le programme commu-nautaire de formation à leur intention. Mais le cœur de la Stratégie repose sur l’échange des meilleures pratiques via le soutien aux projets démonstratifs, la mise en place d’un réseau de points de contacts nationaux qui constitueront une « plateforme européenne de la connaissance » pour les questions urbaines, et un portail internet sur le site Europa à l’intention des collectivités locales sur le modèle du site « European Urban Knowledge Network » www.eukn.org/eukn/
Pas de disposition législative nouvelle, pas plus que de mesure financière particulière pour soutenir les projets démonstratifs et le transfert d’expérience. La CE s’appuiera sur les programmes existants (LIFE+, politique de cohésion et programme-cadre de recherche).
L’existant (législation, pratiques exemplaires, financements) devra donc suffire à l’amélioration de la vie citadine. Mais peut-on préparer le futur en s’appuyant sur une situation présente qui est loin d’avoir fait ses preuves ? Se fonder sur l’expérience acquise pour définir une stratégie est un principe sage… lorsqu’il permet d’aller plus loin !
mars 2006 |