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ECAP : un nouveau plan d’action pour des PME propres et compétitives
Dans notre dernière lettre, nous nous étions fait l’écho de la profusion de plans d’action sur la thématique des éco-technologies et du développement durable dans les entreprises (ETAP, SET-Plan, SIS, SPCP) et du risque de confusion entre ces différents plans et programmes.
Nous n’étions pas au bout de nos peines ! Il aurait fallu remarquer que dans la direction G (Développement soutenable et intégration) de la DG Environnement, l’unité G2 (Environnement et industrie) dirigée par Pavel Misiga ne disposait pas encore de son programme !
C’est chose faite avec le plan d’action dénommé ECAP (encore une source de confusion !) soit environmental compliance assistance programme ou programme européen d’aide au respect de l’environnement dans les PME. La Communication qui définit le cadre de ce plan d’action est plus explicite sur les objectifs de ce programme dans son intitulé « Pour des PME propres et compétitives – programme destiné à aider les PME à respecter la législation dans le domaine de l’environnement ».
Ce plan d’action vise à définir des objectifs d’action spécifiques aux PME visant à surmonter leurs difficultés à intégrer les exigences environnementales européennes (comme les systèmes de management environnementale par exemple).
Cinq axes d’actions sont proposés :

  • mieux légiférer en ce qui concerne la formulation et la mise en œuvre des politiques

  • prévoir des systèmes de gestion environnementale « sur mesure » plus accessibles aux PME

  • offrir un soutien financier ciblé et établir un programme financier pluriannuel en faveur de la production durable des PME : Ce financement d’un niveau de 5 M€ sera mobilisé dans le volet Politique et gouvernance de LIFE+

  • développer une expertise locale en matière d’environnement pour les PME

  • améliorer la communication et mieux cibler l’information.

Plus d’infos : http://ec.europa.eu/environment/sme/index_fr.htm
L’Euro-Info-Centre de Bretagne (point d’appui de ce programme en France) organisera, à Rennes, le 17 janvier prochain une réunion de lancement d’ECAP en France.
Plus d’infos auprès de Magali SEZNEC : eic@bretagne.cci.fr et au 02.99.25.41.57

octobre 2007

 
Plans d’action pour la production et la consommation durable et pour une politique du développement industriel durable

La stratégie européenne du développement durable, plus connue sous la dénomination de Stratégie de Göteborg, a été révisée en 2005. L’une de ses priorités est de définir une politique et un plan d’action pour une consommation et une production durable (sustainable consumption and production action plan). Pour atteindre cet objectif la Commission souhaite l’accompagner d’un plan d’action plus spécifiquement ciblé sur une politique de développement industriel durable (sustainable industrial policy action plan).

Ces deux plans d’action font l’objet d’un « Background document » disponible sur le site http://ec.europa.eu/environment/eussd/escp_en.htm et soumis à consultation jusqu’au 23 septembre 2007 à l’adresse URL : http://ec.europa.eu/yourvoice/ipm/forms/dispatch?form=SurveySIPSCP

Ce document reprend bon nombre d’éléments des politiques européennes comme ETAP, EMAS, Eco-label, utilisation des instruments du marché pour l’environnement, etc. Il a le grand mérite de situer ses propositions dans un cadre économique d’intervention plus large incluant l’offre, la demande, le marché des produits et services environnementaux aux niveaux européen ou mondial. Il fixe 4 enjeux pour l’action :

  • S’appuyer sur l’innovation en matière environnementale : initiative « marchés leaders », réseaux et coopérations recherche-industrie,

  • Développer un marché pour les éco-produits : objectifs de performances environnementales, labels et déclarations environnementales, éco-conception des produits, standardisation,

  • Favoriser des modes de production économes et propres : objectifs d’économie des ressources et indicateurs, développement de l’éco-innovation et des éco-technologies, nouvelles règles pour l’éco-management,

  • Modifier les comportements pour une consommation durable : agréments avec les chaînes de distribution, logo « engagement pour l’environnement », TVA différenciée, règlement éco-label, information des consommateurs sur les performances environnementales des produits, achats verts, lutte contre la publicité mensongère ou trompeuse sur les produits et l’environnement

  • Agir au niveau mondial pour promouvoir les progrès environnementaux : développement international des politiques, exigences et normes environnementales européennes, approches sectorielles, coopération et accords internationaux sur la production et la consommation durable.

Ces interventions devront intégrer les éléments stratégiques suivants :

  • Une priorité donnée aux questions environnementales suivantes : changement climatique, économie à faible émission de carbone, utilisation durable des ressources naturelles, élimination des substances dangereuses,

  • la nécessité d’une approche globale au niveau du cycle de vie des produits,

  • la volonté d’utiliser les instruments et politiques existants ; la politique intégrée des produits et la stratégie thématique sur l’utilisation durable des ressources naturelles par exemple

  • l’intégration et la cohérence avec les autres politiques européennes.

Les propositions de plans d’action et les premières initiatives devraient suivre avant la fin de l’année 2007.

Si l’approche globale de ces deux plans d’action est intéressante, on peut s’interroger sur la nécessité de deux nouveaux documents stratégiques sur des thématiques déjà pourvues en documents de programmation et outils pour l’action. La multiplication et la superposition de ces plans d’action ne facilitent pas la compréhension et la lisibilité des interventions européennes d’autant que les moyens financiers pour la mise en œuvre des initiatives qui leur sont liées restent fixés dans le cadre des instruments financiers existants.

septembre 2007

 

L’éco-label européen : premier bilan et perspectives
La Commission européenne a publié une Décision (JO L162 du 14 juin 2006) dans laquelle elle effectue un bilan de la mise en œuvre de l’éco-label européen (la petite fleur) et trace les perspectives de développement et d’amélioration de cette initiative.

Introduit en 1992, le label écologique européen visait à « mettre au point des produits et services ayant des incidences réduites sur l’environnement tout au long du cycle de vie et de mieux informer les consommateurs sur ces incidences ».

Constatant que le label écologique européen n’a pas pénétré « de manière satisfaisante » le marché, la Commission souhaite en particulier que les marchés publics intègrent mieux cette exigence dans leur cahier des charges, elle parle d’écologisation des marchés publics. Cela passe par des actions d’information et de formation auprès des responsables des achats publics.

A l’heure actuelle 23 catégories de produits allant des télévisions aux matelas en passant par les nettoyants tous usages, les liquides vaisselles, les services d’hébergement touristique, les aspirateurs, les lubrifiants et les ordinateurs personnels ou portables.. ont été adoptés. Plus de 250 entreprises apposent le label écologique européen sur plusieurs centaines de leurs produits ; les textiles, les peintures et vernis, les services d’hébergement touristique sont en pointe dans cette diffusion. Les ventes d’articles euroécolabellisés représentaient 700 M€ en 2004 ce chiffre étant en forte croissance ces dernières années mais ne représentant même pas 1% des marchés correspondant à ces produits.

Un objectif de 35 nouvelles catégories de produits a été fixé d’ici 2011. La Commission propose les services de transport de passagers, de vente au détail, de lavage de voiture, de nettoyage à sec, de construction, de réparation mécanique, de livraison, les jouets et jeux, les systèmes de chauffage et de chauffage de l’eau, les sacs et filets à provisions, les articles de toilette, les sacs poubelles, les adhésifs, les composants de construction y compris l’isolation ; les pneumatiques, les produits sanitaires, la maroquinerie, les photocopieurs, la vaisselle, la climatisation ainsi que, plus étonnants les fonds d’investissement socialement responsable. Avis donc aux précurseurs dans ces domaines.

La Commission souhaite augmenter de 50% chaque année la valeur et le nombre d’articles porteurs de l’éco-label et de le faire mieux connaître (au travers de la semaine européenne de la fleur par exemple). Pour cela elle vise que 50% des consommateurs européens reconnaissent le logo du label écologique européen comme un label d’excellence environnementale.

Constatant la multiplicité des labels écologiques nationaux, elle souhaite exploiter les synergies et coopérer avec ces différents systèmes dans la perspective d’une refonte d’ensemble du système du label écologique. Cela concerne également la coordination avec le « Global Eco-labelling Network » (réseau mondial d’étiquetage écologique) pour lequel des échanges d’informations et des actions de promotion communes sont envisagées.

juin 2006